N’importe quoi !

Roindefo à la rescousse


La confusion qui prévaut dans différents aspects de la vie – politique, économique et social – à Madagascar favorise toutes sortes d’idées et d’actions incongrues.

Ainsi, j’apprends par la presse que Monja Roindefo est allé en Thaïlande, pour trouver une solution à la crise (sic). A quel titre ? Il a été déchu de son statut de Premier ministre de la Haute autorité de transition, tout en n’ayant pas sa place au sein de la mouvance Madagasikara.

Et de quelle crise s’agit-il ? Si c’est celle – politique – dont il est l’un des responsables, quelle solution pourrait-il trouver en Thaïlande ? Que va-t-il y dénicher, que ni la Sadec, ni l’Union africaine, ni la communauté internationale n’ont pu formuler ?

Jamais n’a-t-on entendu parler de liens politiques spécifiques entre les deux pays. Encore moins lors de cette crise. Bangkok est surtout une destination d’affaires (entre autres pour les pierres précieuses), justifiant une ligne directe de Air Madagascar.

Aux autres les balivernes ! Il ne faut tout de même pas prendre les gens pour des imbéciles. Plus encore que le bois de rose, Madagascar est riche en langue de bois. Et il semble qu’il l’exporte tout aussi bien.

Spin doctors

Bonne année 2010

Jusqu’où la France est-elle trempée dans les affaires politiques malgaches ? Je pense que, finalement, personne ne le sait, y compris les autorités françaises elles-mêmes.

Cette incertitude nourrit une suspicion constante, d’abord entre les différents partis malgaches de pactiser secrètement avec l’ancienne puissance coloniale, pour son soutien à conquérir le pouvoir. Mais aussi, envers la France de vouloir contrôler le pays par régime interposé. La position souvent ambiguë de la France entretient ce flou.

Avec un bon camarade français, on en discute parfois de cette situation. Et il remet les choses dans une perspective intéressante. En substance, que la France perde, gagne, s’immisce ou s’en fiche de la politique malgache n’est tout simplement pas le souci du Français.

Désolé pour notre nombrilisme insulaire qui tend à ramener le regard intéressé du monde entier sur nous, mais il a raison. Madagascar et ce qui s’y passe n’est certainement pas marqué dans l’agenda chargé de Sarkozy. C’est une affaire déléguée à un délégué qui l’a déléguée à un délégué.

Au bout du compte, c’est ce délégué (peut-être un groupe d’intérêt, un lobby…)  qui constitue le pont vers l’administration centrale. Je l’appelle « spin doctor » qui, par définition, est un manipulateur d’opinion.

Il connaît les rouages complexes d’une situation. Ainsi, on lui fait confiance. Ses conseils sont précieux et écoutés. Ses informations sont fiables. En fait, c’est lui qui détient les rênes du pouvoir.

Quel est le rôle joué par la France dans le génocide au Rwanda ? En attendant les véritables réponses, des avis méritent l’attention.

La perception est que la France soutenait le régime Hutu. Un député socialiste explique que la France n’avait  d’affinités particulières ni pour les Hutus ni pour les Tutsis.

Mais visant à établir une équilibre entre les partis opposés, justement afin d’éviter l’embrasement, le gouvernement Français, d’une manière ou d’une autre a fourni son soutien aux Hutus, face au Front patriotique rwandais (FPR) – Tutsis rebelles – jugés bien équipés. On connaît la suite.

Si c’est le cas, la France a commis une erreur d’appréciation très grave. Les spin doctors y sont pour beaucoup. Ce qui m’interpelle dans cette explication, c’est cette « recherche d’équilibre ». Ce mot est ressorti plusieurs fois, dernièrement, dans cette crise malgache.

La France souhaite une solution équilibrée. A la rwandaise ? A appuyer une faction jugée faible afin de permettre l’instauration de solutions politiques ? En se fiant à l’odomètre des spin doctors ? La recherche d’équilibre en elle-même est juste. Mais gare aux erreurs d’évaluation.

A propos de spin doctors, mon esprit va aux Andriamanjato (présent lors des présentations de vœux de Ravalo l’année dernière et présent à celui de Rajoelina cette année), Ratsirahonana (aux côtés de Ravalo à Dakar en 2002 et aux côtés de Rajoelina à Dakar en 2009). Et pas à eux seuls.

le b.a.-ba du dessin de presse en Afrique

Couverture de Africultures n°79 (éd. L'Harmattan)


Sorti chez L’Harmattan en cette fin d’année 2009, « La caricature et le dessin de presse en Afrique » est un ouvrage unique en son genre.

Ce numéro 79 du magazine Africultures est un voyage à travers le riche mais peu connu paysage de la caricature et du dessin de presse africain. Un périple, de pays en pays, ponctué d’escales – rencontres avec quelques dessinateurs. Un long trajet mais qui vaut bien le détour.

Adieu Aimé !

Ainsi, mon confrère, le dessinateur de presse Aimé Razafy est parti sans sommation. Discret, il l’aura toujours été. La preuve, les documents sur ce talentueux éditorialiste sont très rares (photos, articles…) Ses œuvres sont beaucoup plus affichées. Et encore, elles ne sont pas appréciées à leur juste valeur, je pense.

Les discours de reconnaissance posthume me mettent souvent mal à l’aise. Dans le cas de Aimé par exemple, d’aucuns s’accordent à dire qu’il est génial. Mais il ne sera publié qu’une seule fois, en 1993 (bientôt 17 ans de cela !) C’était un album regroupant des choix de ses « sans cibles », sa rubrique qui paraissait dans le quotidien Madagascar Tribune.

Aucun site Internet, aucun blog n’est consacré ni à lui ni à ses travaux. J’omets les sites des journaux pour lesquels il a travaillé – Madagascar Tribune, puis La Gazette de la Grande Ile – où les dessins, comme les articles, s’affichent et se perdent furtivement dans les méandres d’archives aux accès peu pratiques.

Et je crains que la mémoire de cet authentique artiste ne s’efface avant même que ses gerbes mortuaires ne se fanent. En tout cas, de lui et de ses dessins je m’en souviendrai. Si je suis là ou j’en suis actuellement, l’influence d’Aimé y est certainement pour quelque chose.

Intérêt supérieur de la nation, dites-vous?

Je n’ai pas assez de temps pour faire des dessins pour ce blog, ces temps-ci. Mais ce que je constate à propos de cette sortie de crise m’interpelle et me pousse à balancer un minimum de commentaire.

Les mouvances se sont mis d’accord sur le partage du gâteau. La formule consacrée, autant collectivement qu’individuellement est : « pour l’intérêt supérieur de la nation.» A quoi je rétorque : « mon œil ! »

Les mouvances – Rajoelina et Ravalomanana en particuliers – esquissent un bras de fer pour obtenir le ministère de la Justice. Car il y va de la condamnation ou de l’amnistie des partisans de l’un ou de l’autre.

Acharnement également pour le contrôle du ministère de l’Energie et des Mines. Pétrole et autres ressources naturelles constituent l’enjeu.

Et le peuple dans tout ça ? Apparemment, aucune mouvance ne se presse à endosser les responsabilités inhérentes au ministère de Santé et celui de la Population.

Quand Ravalomanana a déclaré que la vie retournera désormais à la normale, je cède facilement au cynisme, interprétant que le peuple pourra renouer tranquillement avec sa misère tandis que les éternels privilégiés pourront se remettre à leur gloutonnerie.

Délit de passeport

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Dessin de Pahé (merci mon vieux)

 http://dipoula.paquet.li/

Malheur à nous, ô pauvres titulaires que de passeport malgache. Endigués de tous côtés, on n’a plus qu’a nous replier sur nous-mêmes car on ne veut pas de nous ailleurs.

Je me rappelle de mon récent passage à Paris CDG où j’ai du balancer mon huile d’olive à la poubelle (voir post Transit à Paris) , faute de pouvoir passer la frontière pour la re-sceller.

Cette fois-ci donc, c’était à l’aéroport de Maurice, alors que je m’apprête à m’envoler pour l’Algérie. Le personnel à l’enregistrement des bagages me fait savoir avec l’assurance que leur procure leur manuel que je ne peux me rendre à Alger sans visa.

Je leur montre une lettre officielle issue du ministère de la Culture algérienne que l’obtention dudit visa sera facilitée, dans mon cas, à l’aéroport d’Alger à mon arrivée.

Mais nos chères employées y mettent leur zèle pour me refuser d’embarquer, se contentant de s’en tenir à ce que leur manuel leur dit, en substance, que le passeport malgache requiert un visa pour se rendre en Algérie.

Compte tenu de leur littérature qui semble limitée aux annuaires des passeports et des visas, ‘faut pas leur en vouloir si elles n’y comprennent rien aux subtilités des lettres officielles, permettant de déroger aux règles.

Donc voilà-t-il pas que je réédite « Maman, j’ai raté l’avion ». Il aura fallu, le lendemain, d’une seconde lettre de l’ambassade d’Algérie à Madagascar et d’un remue ménage chez la compagnie pour qu’on me laisse partir.

La suite n’est que broutilles… bagage égaré ou plutôt arrivé par un vol différent (Air France – les deux compagnies opèrent des vols conjoints). Mais ça, c’est de la routine.

Défaite électorale de Rajoelina

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A l’issue d’un vote à l’Assemblée générale des Nations Unies, 23 voix se sont levées contre la prise de parole de Andry Rajoelina, président de la Transition à Madagascar. 4 ont voté pour tandis que 6 se sont abstenues.

Habitué au forcing qui lui a réussi jusqu’à présent, TGV, comme on l’appelle, a buté contre un obstacle plus fort que lui.

Porté au pouvoir par un coup de force, Rajoelina est également attendu aux urnes par les malgaches. Et il n’est certainement pas à l’abri d’un deuxième revers. Si les choses se déroulent démocratiquement, comme ce fut le cas à l’AG des Nations Unies, là-bas à New York.

Quand Ramgoolam rencontre Mugabe

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L’Express dimanche n’a pas manqué de publier une photo du Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, en plein entretien avec le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Une photo qui a suscité beaucoup de commentaires, à commencer par ceux du journal lui-même (lire aussi www.sansconcessions.wordpress.com le blog de Rabin Bhujun, rédac chef de l’Express dimanche). Mais, également, du côté du bureau du Premier ministre.

Le PM réagira-t-il sur son blog ou sur fb, que des zélés de son staff ont menacé de fermer en 2008 à cause d’un faux profil sur son personnage?

Il faut réagir

inaction

Ce qui est en train de se passer à Mada en ce moment est terrifiant. Il faudra bien réagir à un moment si l’on souhaite encore sauver ce qui reste de « droits » dans ce pays en déliquescence.

Les menaces, les intimidations , les passages à tabac  ne devraient pas être tolérés, notamment quand ils sont infligés par les autorités chargées de veiller au bien-être des citoyens. Le respect des droits humains les plus fondamentaux transcende la chose politique.

Au delà des clivages, des adversités, des appartenances , un minimum de respect des droits de l’homme devrait bien fédérer toutes les mouvances. Il  faudra bien que chacun retrouve le courage de mettre le holà à tout ça.

Je ne fais partie ni de ceux qui descendent dans les rues ni manifester pancarte dans la main sur les places de ceci celà. Mais je pense que la population – cette fameuse majorité silencieuse qui, je suppose, désapprouve également cette violence ambiante – devrait manifester dignement et courageusement son désaccord.

Comme il faut bien commencer quelque part, en attendant un véritable mouvement concerté et organisé, je propose des idées du genre port de brassard (noir?) en signe de protestation. (Je pense aux athlètes noirs qui ont porté des gants noirs lors des J.O. de Mexico en 1968, ou encore leur badge « Olympic project for human rights », contestant la ségrégation raciale.)

Je trouve que c’est un mode d’expression pacifique qui nous permet en même temps de vaquer à nos occupations quotidiennes, mais qui demande autant de courage que déambuler les rues à faire la grève.

Je réitère que ce mouvement ne se veut contestataire d’un régime ou d’une mouvance. C’est tout simplement un acte citoyen requérant le respect d’un minimum de droits de l’homme.

Si l’on faille à protéger nos droits, qui d’autre le fera à notre place? Et quelle part de responsabilité la majorité silencieuse endorsera-t-elle face à la faillite de ce pays?

Les mots de l’écrivain irlandais Edmond Burke me hantent l’esprit: « la seule condition au triomphe du mal, c’est l’inaction des gens de bien ». Ne laissons pas le mal triompher.

Brutalisée pour possession de billes

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La sénatrice Naïka Eliane a été brutalement arrêtée par des éléments de la Fis (Force d’intervention spéciale), tandis que l’hôtel où elle se trouvait a été perquisitionné.

Bilan: un hôtel saccagé, un ordinateur portable escamoté et deux armes dangeureuses trouvées. Il s’agit de deux lance-pierres ainsi que quelques billes. La sénatrice a été placée en garde à vue.

Le colonel Richard Ravalomanana qui commande la gendarmerie à Analamanga explique. Ainsi, selon l’officier, la sénatice aurait pu être libérée plus tôt si elle a dévoilé à qui appartient les billes et les lance-pierres. (Est-ce à dire que c’est le motif de cette arrestation musclée d’une dame, outre le fait que les soldats cherchaient à capturer des membres de la mouvance Ravalomanana?) 

Eh, les enfants! Cachez vos lance-pierres et vos billes. Ce n’est pas le moment de jouer. La Fis ne s’amuse pas.

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