Extraits d’un film documentaire réalisé par la journaliste Nicoletta Fagiolo, sur le 9ème art. Plus de détails seront communiqués à la sortie du film. En attendant, grand merci à Nicoletta et John, et bon courage pour les tonnes de boulots qui restent à faire.
J’étais de passage à Madagascar pour une dizaine de jours. C’était un déclic. La culture qui transpirait de partout, du paysage aux sourires des gens m’envahissait par les pores jusqu’à m’engourdir l’esprit.
C’est fantastique de redécouvrir son pays. Le mot « tanindrazana» - la terre des ancêtres, prenait une dimension plus riche. Je le chuchotais tandis que je foulais le sol de Manandriana. J’ai frissonné devant le « tamboho » - la muraille de terre qui délimite l’antre du domaine familial.
A l’intérieur se dressent les ruines des « trano gasy » - les maisons traditionnelles où vécurent mes grands-parents. Puis le caveau familial où reposent mes racines. Comme l’exprimaient les anciens : « Velona iray trano, maty iray fasana » - ou vivants, on demeure sous le même toit, morts, on partage le même tombeau. Des images de gens que je n’ai jamais vus ni connus – mes aïeuls – semblaient veiller sur ce lieu paisible.
J’ai toujours éprouvé du respect et une certaine admiration envers la culture malgache. Au détour de conversations avec des étrangers, je parlais laconiquement de la richesse du pays, de sa faune, de sa flore, de son sous-sol, de la population.
Aujourd’hui, je porte un regard encore plus respectueux sur cette terre et sa culture. Mieux, je me joins aux défenseurs du patrimoine malgache dans leur combat pour la préservation de ce dernier.
Richesse
La BBC rapporte un étonnant palmier géant, découvert récemment à Madagascar. Une autre parmi les près de 9 000 espèces de plantes endémiques de l’île. Mais une des plus grandes richesses du pays reste son peuple et sa riche culture.
J’étais répugné par une campagne publicitaire qui véhiculait une image de (jeunes) malgaches contemporains européanisés, parlant un mélange de français et de malgache, au style de vie improbable.
Les tenants de la société de consommation poursuivent la destruction à outrance de la culture, surtout auprès de la jeune génération, afin d’asseoir leur pouvoir et de mieux vendre leurs produits.
Cet ultime rempart qu’est la culture, souvent diabolisé, longtemps grignoté jusqu’à devenir tel un gruyère a rudement besoin d’être défendu et retapé.
La course au développement risque de piétiner certaines valeurs qui ont longuement contribué au bien-être des malgaches, tout en proposant un ersatz du bonheur. Prenons garde !
Emboîtons le pas au développement, mais à notre rythme. Et que cela ne se fasse pas au détriment de notre terre et de notre culture.
Madagascar semble courir aveuglément après un développement rapide et durable, au risque de se perdre dans cette cavalcade débridée. Il est judicieux de définir quel modèle de développement les malgaches recherchent-ils avant de les embarquer plus loin vers une destination qui, finalement ne les enchante pas.
Si certains indicateurs de développement tablent sur l’espérance de vie, l’accès aux soins, à l’eau potable, à l’éducation, à l’énergie… dans l’imaginaire populaire (et des dirigeants, j’ose supposer), le développement est directement associé aux industries, aux autoroutes sillonnées par des voitures reluisantes, aux immenses bâtiments aux architectures modernes, grandes surfaces, gadgets électroniques…
Dans le milieu rural, c’est le cultivateur au volant de son tracteur, des hectares et des hectares de champs cultivés, des élevages à l’échelle industrielle, des silos hérissés aux flancs des collines. Des clichés des pays « développés ».
Ainsi, avec ses maisons traditionnelles en briques rouges ou en bois, ses routes sinueuses, ses sentiers tortueux, ses rizières d’une autre époque, ses marchés chaotiques, son élevage contemplatif, sa population aux pied-nus, ses misérables enfants des rues, Madagascar est ce pays sous-développé, ou en voie de développement, ou en développement selon ce que le politiquement correct le dicte. Tout sauf un pays « développé ».
Un affront que l’on cherche à laver depuis plus d’un demi-siècle en copiant le modèle occidental… en vain. Actuellement, on cherche à émuler les dragons du sud-est en essayant de s’affirmer comme le dragon de l’océan Indien. Et c’est là que nous risquons de faire complètement fausse route. Dans cette course folle, nous sommes pris d’une telle confusion, que nous avions pris les moyens pour la fin.
La société occidentale a défini auprès des siens d’abord, le bonheur, comme le fruit du confort matériel. Cette société sans âme, motivée uniquement par l’appât du gain et de l’argent a vendu son modèle auprès d’autres civilisations. Elle n’hésite pas à bousculer les Cultures pour s’imposer. Pour faire des profits. Comme elle le fait à Madagascar où l’on rabâche à tort ou à raison que la Culture est un frein au développement. Ou un levier à ce dernier, quand elle sert les causes de la société de consommation.
Une société de consommation qui occulte des valeurs telles le « fihavanana » (qu’aucun mot étranger ne traduit dans son sens complet mais qu’on essaie de rendre par fraternité), le « fanajàna raiamandreny » (respect des anciens), le « hasina » (sacré). Des valeurs qui, pourtant contribuent, voire constituent chez le malgache, ce que l’on évoque nostalgiquement comme « fiadanana » (bonheur – dont le sens reste à développer, plus tard.)
This time of the year, it is convenient to express one’s best wishes to others. For the anti-conformist such as me, it is sometimes a bit boring to say the same exact thing at the same period of time. “Happy New Year 2008!” But what else could one say? “Wish you health, wealth, success…” just like last year! Did it work by the way? No? “Nevermind”, may be this time.
I may sound a bit jaded but the fact is that I dislike routines although I appreciate traditions. And since the one sometimes steps on the other, things get mixed up. Messed up.
Despite all my less enthusiastic feelings about New Year’s euphoria, I still wish you an enjoyable 2008. And I really mean it. Not that the year 2008 would be a problem free one (because that won’t be the case) but that each of us may have the strength to endure the troubles as they come and to find joy in our undertakings. I hope…
Mirary Krismasy sambatra ho antsika mpitsidika ny blôgy. Mankasitraka ny fanohananareo. Homba anareo mandrakariva anie ny Tompo.
Season’s greetings to all of you, dear visitors. I really appreciate your support. May God bless you in all your endeavours.
Joyeux Noël à tous. Merci pour votre soutien. Que Dieu vous bénisse dans vos entreprises.
C’est avec satisfaction que je constate accidentellement que le nombre de hits de ce blog a depasse les dix milles. (En passant, desole pour les puristes mais je bosse sur un clavier british today alors je suis prive d’accents.)
Ce chiffre indique tout simplement que le blog vit. Je vous laisse avec quelques statistiques comme me l’indiquent mon outil d’administration:
-Le blog etait lance en janvier. Mais il est devenu de plus en plus actif depuis aout, avec un pic record de 1.545 hits en novembre.
-BD – comics est la page la plus frequentee.
-Sourire d’enfants (a ma surprise) est l’article le plus consulte.
-Il y a pres de 50 visiteurs par jour.J’espere que le blog continuera de vivre pleinement grace a votre soutien.
Le bédéiste Jean de Dieu Rakotosolofo s’est éteint des suites d’une maladie à 44 ans. Et pourtant, le dessinateur réunionnais Serge Huo Chao Si n’a pas manqué de citer « ce talentueux auteur » en brossant le paysage de la bande dessinée (BD) dans l’Océan Indien, lors du festival mauricien « Il’en bulles. »
Jean de Dieu était notamment connu dans le milieu des dessinateurs en dispensant des cours de dessin au Centre Germano Malagasy. Il faisait partie des auteurs de la belle époque de la BD malgache, dans les années 80. Parmi les personnages qu’il a créés et qui sont les plus connus figurent Raleva ou Faralahy.
Son talent a été apprécié au niveau international grâce à son style noir et blanc déchirant, évoquant Hugo Pratt. Il déclarait être un fan de Corto Maltese. Des traits que l’on retrouve dans le magazine Revue Noire de 1997 avec une histoire courte mais dramatique intitulée « Symphonie en feu majeur ».
L’artiste a beaucoup collaboré avec diverses organisations de communication et des journaux, en créant des affiches, des story board, des caricatures, des tableaux, des dessins de presse et, bien sûr, des bandes dessinées.
Avec la disparition de Jean de Dieu, c’est un grand nom de la BD qui vient de tirer sa révérence.
Le festival mauricien de bandes dessinées (BD) « Il’en Bulles » se tiendra au Caudan, Port Louis le 30 novembre et le 01 décembre. Une dizaine d’auteurs internationaux dont quatre malgaches participeront à l’événement. Il s’agit de Dwa, Ramafa, Mamy Raharolahy et de Pov.
A noter également les congolais Barly Baruthi et Thembo Cash. La délégation métropolitaine est constituée de Jacques Ferrandez, Jean Denis Pendanx et de Michel Faure. De La Réunion, on aura Serge Huo Chao Si qui, par ailleurs, animera vendredi à 16h une rencontre sur “L’état des lieux de la BD dans l’Océan Indien”. Enfin, et non des moindres les auteurs locaux, Laval Ng et Thierry Permal.
Le dessin de presse est aussi à l’honneur. Des œuvres de Deven T, Abdool Kalla, Stéphane Benoît et Pov - quatre dessinateurs officiant dans la presse mauricienne – seront exposées. Dans la soirée de samedi, ils participeront à une table ronde, dont le thème ne manquera pas de susciter le débat : « Peut-on tout caricaturer ? »
(Tiens, je remarque que le nombre quatre revient deux fois dans l’article et j’y lis également “16″. Sans verser dans la numérologie mais c’est quand même une mystérieuse coïncidence, non?)
C’est avec tristesse mêlée de culpabilité que je constate que je n’alimente pas mon blog comme il se doit. J’ose cependant promettre que je vais nourrir le blog, au moins une fois par semaine.
En tout cas ce ne sont pas les dessins qui manquent, en attendant les articles.
Les dessins éditoriaux restent dans la rubrique Dessin/cartoon tandis que les gags (publiés également dans L’Express Junior) sont dans BD/comics.
J’avise également les lecteurs de la création de liens avec le blog de Guillaume Gouges, un jeune journaliste/ écrivain mauricien, et le site de Runweb (www.runweb.com). Ce dernier est un portail sur Maurice, La Réunion te Beijing.
Bonne lecture, chers visiteurs.
Des articles parus dans le « Sunday Times » en août, à propos de « travailleurs esclaves » dans une usine de textile à Maurice ont suscité de vives réactions autant de la part des opérateurs économiques locaux que de la presse locale.
Les dirigeants de l’entreprise concernée et les éditorialistes ont fait front commun pour nier fermement l’allégation. Le professionnalisme et les perceptions de l’auteur de l’article ont été sérieusement mis en doute par l’opinion mauricienne.
Les papiers du Sunday Times estime-t-on, nuisent à l’image du pays, pourtant gratifié de bons indices en terme de gouvernance ou encore de droits de l’homme. Et Maurice tient à véhiculer une image « clean » du pays puisqu’il mise beaucoup sur les étrangers pour booster son économie, à travers le tourisme et les investissements directs.
Sensibilité
Outre l’énorme enjeu économique, une partie de l’identité mauricienne est brodée par les fibres du textile. Ceci explique toute la sensibilité associée à ce domaine. Dans les années 90, il a insufflé un certain dynamisme à l’économie du pays. Ce qui l’a rendu emblématique.
Malgré des périodes difficiles relatives, entre autres raisons à la crise à Madagascar en 2002 et le démantèlement de l’accord multifibres en 2005, la filière a renoué avec la croissance et contribue sensiblement à celle de l’économie du pays en 2007.
A quel prix ? Le politiquement correct se défendrait d’user du terme « esclavage », dans ces cas. Le Sunday Times l’a appris (à ses dépens ???) Mais la perception, notamment du côté des travailleurs est tout autre. Les conditions de travail sont pénibles et littéralement inhumaines. Malheureusement, elles sont communes à ces genres d’usines, souvent appelées « entreprises franches.»
Confection de pantalons jeans au Kenya
Lors de la visite de l’une d’elles, au Kenya, j’ai été abasourdi par un tableau indiquant aux travailleurs leurs obligations de la journée. Le travail se fait à la chaîne et la production est rationnalisée à l’ultime. Si un ouvrier devait monter tant de pièces en une minute, il devrait donc en produire soixante fois plus en une heure. Sur cette base, l’implacable « time table » lui rappelle sa production au fil des heures.
Un tel traitement est digne d’un mécanique et non d’un être humain. La fraîcheur d’une personne diminue au cours de la journée et, forcément, sa productivité. Et si elle devait se gratter le nez ? De précieuses secondes et donc des pièces perdues. L’effrayant tableau enregistre le cumul des retards qu’il faut rattraper, d’une façon ou d’une autre.
A travers une connaissance qui travaille pour une entreprise franche de textile à Madagascar, j’ai pu constater les terribles souffrances physique et émotionnelle de cette épouse et mère qui n’a d’autres meilleures alternatives pour aider à subvenir honnêtement aux besoins de sa famille.
Exploitation
C’est probablement cette détresse que la journaliste du Sunday Times voulait transmettre. Ce qui est d’autant plus révoltant c’est que beaucoup de ces produits sont destinés à de prestigieux magasins où ils coûteront une somme insultante par rapport aux salaires de ceux qui les ont confectionnés. Huit dollars américains pour douze heures de labeur rapporte le Sunday Times quant à l’usine mauricienne qui fabrique des vêtements pour la ligne de Kate Moss.
Cette exploitation concerne d’autres produits que le textile. Mais il est plus convenable pour la société de couvrir les cris de milliers de « travailleurs esclaves » ou de fustiger leurs défenseurs puisque cette injustice est la base de notre confort.
En ce moment même je porte un jean. Il n’est pas signé Kate Moss mais il est probablement tissé des peines de mères inconnues, suant des entrailles d’une usine surpeuplée et surchauffée. Que sais-je ? Et surtout que peux-je ?…Homme revêtu de souffrances.







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