Archive pour janvier 2007

Saphire et pétrole

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Pierres (précieuses?) Ilakaka – Madagascar

J’étais fasciné par le marché de pierres précieuses d’Ilakaka. Saphires et autres gemmes sont vendus sur des étals au bord de la rue, comme des beignets ou des brochettes de zébus dans cette ville champignon, perdue sur la route du sud.

L’on parle de sommes astronomiques qui circulent dans les faubourgs poussiéreux de la ville. Mais aucuns chiffres exacts n’ont été publiés quant à la production ni aux volumes des opérations qui s’y déroulent. C’est le paradis de la contrebande.

Le saphire d’Ilakaka a fait de nouveaux riches mais je ne pense pas que le pays ni les malgaches en ont profité. Même pas Ilakaka qui reste une ville sans eau courante ni électricité.

Et déjà, l’on se félicite de l’éventuelle production de pétrole offshore dans le nord. On rêve de dollars et d’un pays riche à l’instar des émirats du Golfe.

Mais si on n’a pas su s’enrichir avec tous le potentiel qu’on a (saphire, terre, faune et flore, population…) je ne pense pas que du pétrole y changera quelque chose. Au contraire, cela ne fera qu’augmenter le nombre de nouveaux riches ou plutôt raffermira la richesse de ceux qui le sont déjà et creusera le fossé qui les sépare des pauvres.

Au diable le pétrole et débrouillons-nous pour mieux controler et gérer ce qui nous échappent entre les doigts et sous le nez d’abord, entre autres le saphire.

Sourire d’enfants

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C’était sous les arcades, devant le Centre Culturel Albert Camus (Ccac), à Analakely – l’épicentre d’Antananarivo, la capitale de Madagascar.

Les trois enfants étaient en train d’imiter des danseurs de hip hop qu’ils ont vus rouler et glisser sur le carrelage noir du Ccac. Puis ils m’ont vu avec mon appareil photo. La timidité, la curiosité et peut être la peur les tiraillaient. Ils s’approchaient de moi avec beaucoup d’hésitations. Ils voulaient voir de près l’objet qui scintillait d’un gris métallique dans ma main. Ils voulaient surtout voir les photos que j’ai prises.

Je leur ai demandé si je pouvais les prendre en photo. Ils étaient d’accord. Je leur ai montré le résultat sur l’écran de mon numérique. Ils étaient ravis. La voile de crainte qui masquait leur visage tombait définitivement pour laisser voir des sourires radieux.

Ils voulaient encore poser et je leur ai dit de se serrer l’un contre l’autre. Je me suis alors mis à plat ventre, l’objectif un peu surelevé pour attraper cet instant de bonheur. Des sourires limpides comme ceux d’autres millions d’enfants de leur âge.

Qu’ils soient enfants des rues ou gosses de riches, les enfants ne partagent-ils pas le même sourire? Un sourire qui ne coûte presque rien (une photo dans ce cas) mais à la fois précieux. Le temps d’un cliché, j’ai découvert des visages derrière leurs guenilles. Ils ont surgi de leur situation de « 4’mis » (pauvres sans-abris) pour (re)devenir les enfants qu’ils sont. J’ai presque réussi à coller des noms sur leurs sourires quand un de mes copains m’a appelé pour des affaires urgentes.

Je suis entré au Ccac tandis que les trois gamins sont retournés d’où ils venaient: dans la rue.

Salutations

Depuis tout ce temps que je rêvais, pensais à mettre mes oeuvres en ligne… Finalement, povonline est là. C’est un début. Quelques matières à réflexion à travers les dessins, les photos et les récits. Ne vous privez pas de commenter et d’émettre vos opinions autant sur les sujets que sur le blog.  

J’ai longtemps hésité entre un blog et un site. J’avais déjà une ébauche d’un site mais faute de moyens financiers, il est resté dans mon disque dur.  Je ne suis pas entièrement satisfait d’un blog mais si vous dites qu’il fait l’affaire, alors je m’en contenterai. De toutes façons, ma finance n’a pas beaucoup évolué.

Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui m’ont supporté et aidé dans ma carrière et spécialement ceux qui m’ont initié et encouragé à me mettre « en ligne ». Je pense à Julie Mc Creadie, Alan C. Robles mais également à Peter Prüfert (ancien directeur de l’Institut International de Journalisme de Berlin).

Je pense à mes proches, à mes confrères et camardes éparpillés aux quatre coins du monde, qui de par leurs expériences m’ont beaucoup appris.

Enfin, une pensée spéciale au regretté journaliste Duncan Shiels (Reuters) qui fut un homme de courage et d’un professionnalisme exemplaire.  

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A gauche, Duncan Shiels (Nairobi – 2006)

Visiteurs, je vous souhaite la bienvenue.  


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