Archives de août 2007

La clé est dans l’eau

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Premières finales en natation. Comme attendu, les Réunionnais raflent la mise, emportant 8 médailles d’or sur 10. Si La Réunion ne termine pas en haut du podium de ces 7ème Jeux des îles de l’Océan Indien (JIOI), elle ne risque pas de descendre plus bas que la deuxième marche. La clé de son succès est dans l’eau. Plus précisément, dans le bassin olympique de l’Académie Nationale de Sport Ampefiloha, qui accueille les épreuves de natation. 

Avec l’athlétisme, cette discipline est celle où il y a le plus de breloques à moissonner – environ 36 titres à disputer. Si la traditionnelle hégémonie malgache en athlétisme est actuellement remise en cause par la fulgurante montée des Mauriciens, la natation demeure la chasse gardée des Réunionnais. L’équilibre n’est plus maintenu et la balance des médailles penche de plus en plus en faveur de l’île sœur. 

Mais les exploits de Tojohanitra et d’Erik Rajohnson ne sont finalement pas si exceptionnels. Ils démontrent que les malgaches ont le potentiel de s’atteler au niveau régional. Par ailleurs, les performances des nageurs mauriciens (Gaël Adam, Melissa Vincent…) et Seychellois (Shrone Austin, Kenny Roberts) contestent les règles établies : les Réunionnais ne sont plus des intouchables.  

Il est vrai que l’équipe réunionnaise n’est pas aussi splendide que du temps des Franck Shott. Ce dernier serait finalement l’exception. Il évoluait d’ailleurs plutôt en Europe que dans la zone Océan Indien. Toutefois quelques uns des actuels champions des îles s’entraînent sous d’autres latitudes dans de meilleurs environnements. En tout cas, les conditions sont propices à une nouvelle donne sur l’échiquier de la natation régionale. 

Si Madagascar veut se hisser et se maintenir confortablement sur la plus haute marche du podium, pour les JIOI à venir, il a intérêt à booster la natation, sans se relâcher dans les autres disciplines, notamment l’athlétisme.  

Mais fabriquer des champions de natation est une rude tâche qui commence très tôt, qui relève d’une haute technicité et qui exige beaucoup de moyens. La Grande Ile veut-elle seulement payer le prix de la réussite? Ses nageurs étaient, depuis toujours, prêts à tout.

Or comme dans désordre

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Alors que l’euphorie des 7ème Jeux des îles de l’Océan Indien (qui se tiennent à Madagascar) et la comptabilité des médailles semblent  monopoliser l’attention des médias et du public, je n’arrive pas à me détourner des complaintes quant à l’organisation. Et surtout d’un sentiment que ces jeux ne sont qu’une énorme opportunité pour certains de se remplir les poches. Illicitement !

La presse régionale est clémente en rapportant les couacs. Conditions d’hébergement minables, douches et toilettes lamentables, planning d’entraînement flou, un chrono électronique improbable, arbitrage douteux… Ce n’est pas ainsi que les athlètes seront aux meilleures de leurs formes, ne serait-ce que moralement.

Mais il n’y a que nous, pauvres supporters et sportifs qui y voient par naïveté ou qui essaient par excès de bonne foi, de faire de ce rendez-vous une gloire au sport et un hymne à la fraternité.

A une année des échéances, je sentais que les préparatifs étaient peu convaincants et ne brillaient que par les scandales autour du comité organisateur. Je ne m’empêchais de projeter que l’événement allait être un échec organisationnel. Mais quand des bâtiments, des matériels et autres effets sont défaillants, je ne peux que soupçonner détournements et autres sempiternels abus, tellement typiques.

Au nom de la transparence, éclaircira-t-on jamais ces zones d’ombres qui entourent la préparation des Jeux ? Comment en est-on arrivé à une telle pagaille ? Officiellement, je doute. Depuis la cérémonie d’ouverture (jeudi 9 août), l’heure était aux auto-félicitations.


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