Développement imaginaire

Madagascar semble courir aveuglément après un développement rapide et durable, au risque de se perdre dans cette cavalcade débridée. Il est judicieux de définir quel modèle de développement les malgaches recherchent-ils avant de les embarquer plus loin vers une destination qui, finalement ne les enchante pas. 

Si certains indicateurs de développement tablent sur l’espérance de vie, l’accès aux soins, à l’eau potable, à l’éducation, à l’énergie… dans l’imaginaire populaire (et des dirigeants, j’ose supposer), le développement est directement associé aux industries, aux autoroutes sillonnées par des voitures reluisantes, aux immenses bâtiments aux architectures modernes, grandes surfaces, gadgets électroniques… 

Dans le milieu rural, c’est le cultivateur au volant de son tracteur, des hectares et des hectares de champs cultivés, des élevages à l’échelle industrielle, des silos hérissés aux flancs des collines. Des clichés des pays « développés ». 

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Ainsi, avec ses maisons traditionnelles en briques rouges ou en bois, ses routes sinueuses, ses sentiers tortueux, ses rizières d’une autre époque, ses marchés chaotiques, son élevage contemplatif, sa population aux pied-nus, ses misérables enfants des rues, Madagascar est ce pays sous-développé, ou en voie de développement, ou en développement selon ce que le politiquement correct le dicte. Tout sauf un pays « développé ».  

Un affront que l’on cherche à laver depuis plus d’un demi-siècle en copiant le modèle occidental… en vain. Actuellement, on cherche à émuler les dragons du sud-est en essayant de s’affirmer comme le dragon de l’océan Indien. Et c’est là que nous risquons de faire complètement fausse route. Dans cette course folle, nous sommes pris d’une telle confusion, que nous avions pris les moyens pour la fin.

La société occidentale a défini auprès des siens d’abord, le bonheur, comme le fruit du confort matériel.  Cette société sans âme, motivée uniquement par l’appât du gain et de l’argent a vendu son modèle auprès d’autres civilisations. Elle n’hésite pas à bousculer les Cultures pour s’imposer. Pour faire des profits. Comme elle le fait à Madagascar où l’on rabâche à tort ou à raison que la Culture est un frein au développement. Ou un levier à ce dernier, quand elle sert les causes de la société de consommation. 

Une société de consommation qui occulte des valeurs telles le « fihavanana » (qu’aucun mot étranger ne traduit dans son sens complet mais qu’on essaie de rendre par fraternité), le « fanajàna raiamandreny » (respect des anciens), le « hasina » (sacré). Des valeurs qui, pourtant contribuent, voire constituent chez le malgache, ce que l’on évoque nostalgiquement comme « fiadanana » (bonheur – dont le sens reste à développer, plus tard.)

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