Terre de Culture

J’étais de passage à Madagascar pour une dizaine de jours. C’était un déclic. La culture qui transpirait de partout, du paysage aux sourires des gens m’envahissait par les pores jusqu’à m’engourdir l’esprit.

C’est fantastique de redécouvrir son pays. Le mot  « tanindrazana» – la terre des ancêtres, prenait une dimension plus riche. Je le chuchotais tandis que je foulais le sol de Manandriana. J’ai frissonné devant le « tamboho » – la muraille de terre qui délimite l’antre du domaine familial.

Vieille maison à Manandriana

Vieille maison à Manandriana

 

 

 

A l’intérieur se dressent les ruines des « trano gasy » – les maisons traditionnelles où vécurent mes grands-parents. Puis le caveau familial où reposent mes racines. Comme l’exprimaient les anciens : « Velona iray trano, maty iray fasana » – ou vivants, on demeure sous le même toit, morts, on partage le même tombeau. Des images de gens que je n’ai jamais vus ni connus – mes aïeuls – semblaient veiller sur ce lieu paisible.  

J’ai toujours éprouvé du respect et une certaine admiration envers la culture malgache. Au détour de conversations avec des étrangers, je parlais laconiquement de la richesse du pays, de sa faune, de sa flore, de son sous-sol, de la population.

Aujourd’hui, je porte un regard encore plus respectueux sur cette terre et sa culture. Mieux, je me joins aux défenseurs du patrimoine malgache dans leur combat pour la préservation de ce dernier.  

Richesse

La BBC rapporte un étonnant palmier géant, découvert récemment à Madagascar. Une autre parmi les près de 9 000 espèces de plantes endémiques de l’île. Mais une des plus grandes richesses du pays reste son peuple et sa riche culture.

J’étais répugné par une campagne publicitaire qui véhiculait une image de (jeunes) malgaches contemporains européanisés, parlant un mélange de français et de malgache, au style de vie improbable.

Les tenants de la société de consommation poursuivent la destruction à outrance de la culture, surtout auprès de la jeune génération, afin d’asseoir leur pouvoir et de mieux vendre leurs produits.

Cet ultime rempart qu’est la culture, souvent diabolisé, longtemps grignoté jusqu’à devenir tel un gruyère a rudement besoin d’être défendu et retapé.

La course au développement risque de piétiner certaines valeurs qui ont longuement contribué au bien-être des malgaches, tout en proposant un ersatz du bonheur. Prenons garde !

Emboîtons le pas au développement, mais à notre rythme. Et que cela ne se fasse pas au détriment de notre terre et de notre culture.

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