Zimbabwe, l’Afrique t’a lâché !

C’est sans doute avec son sourire narquois que le fraîchement élu Président du Zimbabwe, Robert Mugabe (84) a quitté la réunion des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union Africaine (UA). Cette dernière s’est montrée extrêmement lamentable dans son traitement du « dossier Zimbabwe.» (L’UA n’est pas à son premier échec mais laissons le « dossier Soudan » pour une autre occasion.)

A part quelques courageuses prises de position de certains dirigeants (qui méritent d’être saluées) à l’exemple du Président du Botswana condamnant la situation politique au Zimbabwe, l’Organisation dans l’ensemble a adopté un profil bas, se contentant d’inviter les deux partis à la même table de négociation.

Et dire que parmi ces dirigeants du continent noir, certains trouvent encore en Mugabe, un héros et un libérateur. C’est le cas du Président gabonais, Omar Bongo qui a exprimé fièrement son soutien au dictateur. Les deux ont d’ailleurs en commun le fait d’être parmi les recordmen de longévité au pouvoir, complètement dépassé par le temps.

Les optimistes trouvent que Mugabe « s’est plié » à la demande de l’UA, en acceptant ce « négoce » sous la médiation de…Thabo Mbeki, le Président sud africain qui s’est surtout illustré par son soutien latent à Mugabe.

L’Organisation des nations unies (ONU), très emballée pour des sanctions à l’encontre de Mugabe et de sa clique, s’est tempérée pour finalement reporter d’éventuelles sanctions. Une raison est que l’UA est « en phase de résoudre les problèmes. »

D’autres pays, soit manquant de velléité de s’engager réellement à aider les Zimbabwéens ou pour des raisons d’éthiques ont trouvé le prétexte parfait en arguant que c’est d’abord aux pays des communautés régionales auxquelles appartient le Zimbabwe de résoudre le problème.

Pourtant d’aucuns auront remarqué l’attitude évasive de la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadec) depuis le début de cette crise. Des pays qui se veulent être modèles de démocratie ont même étonné par leur attitude.

C’est le cas de Maurice où un diplomate semble trouver que tout est « normal » au Zimbabwe. Il a déclaré à la presse que la récente élection  présidentielle qui s’y est déroulée est tout à fait constitutionnelle.

Si j’étais à place de Morgan Tsvangirai ou tout simplement d’un quidam de l’opposition, quel regard porterais-je sur l’Afrique et ses soi-disant pays amis ? Que c’est naïf de croire que Mugabe partagerait réellement son pouvoir.

Mais les choses ne resteront pas toujours ainsi. Et quand viendra le jour où les Zimbabwéens pourront s’exprimer en toute liberté, ils pourraient bien nous rappeler cette honte que nous sommes en train de nous couvrir, pour non assistance à un pays en danger.

 

 

 

1 Response to “Zimbabwe, l’Afrique t’a lâché !”


  1. 1 dotmg juillet 18, 2008 à 11:08

    De toutes façons, on ne sanctionne jamais un Président, c’est le pays et ses valeureux habitants qu’on sanctionne. Si l’Afrique est incapable de destituer ses Mugabés, c’est mieux qu’Elle les traite comme des Chefs d’Etats démocratiquement élus.


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