Chronique d’une mascarade de conflit politique

Les émeutes à Madagascar ont fait environ une centaine de morts. C’est la tournure qu’ont prises les manifestations de l’opposition menée par le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina. La communauté internationale appelle le gouvernement et l’opposition à la discussion. En substance, voilà comment les media étrangers rapportent les événements qui ont secoué la capitale de la Grande île récemment.

 

Mais l’affaire est plus subtile. Il s’agit d’une rivalité personnelle entre Andry Rajoelina et le président de la République, Marc Ravalomanana. Seulement, en utilisant les appareils étatiques et en instrumentalisant la foule, les deux partis sont parvenus à grossièrement camoufler leur guéguerre en conflit politique, à l’échelle nationale.

 

L’animosité entre les deux hommes remonte à pas moins de dix ans, en 1999. Les deux hommes étaient alors parmi les businessmen les plus prometteurs de l’époque. Andry Rajoelina était déjà le chouchou de sa génération. Jeune « deejay » connu sous le sobriquet Andry TGV, il enflammait les soirées branchées avant de se lancer avec succès dans la publicité.

 

Le P.D.G. du groupe Tiko, dont les produits laitiers sont déjà extrêmement populaires s’est révélé au public en se portant candidat à la mairie d’Antananarivo. « Beau » et riche, il a vite conquis les Tananariviens, qui l’ont porté à la première magistrature de la Ville des milles.

 

Bâtons dans les roues

C’est à cette époque que Andry Rajoelina s’est plaint de l’attitude de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA), envers son entreprise Injet. Des panneaux publicitaires à démonter car non-conforme par ici, des autorisations refusées par là… la mairie s’acharne à lui mettre des bâtons dans les roues, rapportait le P.DG. de Injet à des membres de la presse.

 

Il a même évoqué une histoire de plagiat industriel. Documents à l’appui, il craignait que la fille du maire, s’aventurant dans la publicité, lui fauche des concepts publicitaires qu’il avait soumis à la mairie pour approbation. Un projet qui n’a pas été autorisé par ailleurs.

 

Trois ans plus tard, l’accession de Ravalomanana à la tête du pays n’arrangera en rien les affaires de Andry Rajoelina. Ce dernier continue son ascension fulgurante dans le monde des affaires, raflant au passage le trophée du meilleur entrepreneur de l’époque et celui de « Homme de l’année 2007 » par le quotidien Midi Madagasikara. Un honneur qui a été décerné à Ravalomanana quelques années auparavant.

 

La CUA, alors dirigée par les hommes de Ravalomanana continue à mener la vie dure au jeune chef d’entreprise. Le public se rappelle sans doute de l’affaire des caissons lumineux installés à Antanimena, que la mairie a sommé de démonter pour des raisons franchement futiles.

 

 

Servi par soi-même

On comprend mieux la démarche de Andry Rajoelina qui a décidé de briguer le poste de maire. Non seulement parce que l’on n’est mieux servi que par soi même, mais l’on est aussi mieux protégé. Une mission bien accomplie en 2007.

 

Bénéficiant du même capital « beau et riche » qui a jadis élevé Ravalomanana à ce même poste, Andry Rajoelina trône sur la Ville des milles, fauchant l’herbe sous les pieds du candidat du parti présidentiel. La population de Tana n’a pas seulement désavoué le président. Elle l’a humilié en préférant son rival à son protégé.

 

Ce sera alors à couteaux tirés entre les deux élus. De stratagèmes en stratagèmes, l’appareil d’Etat essaie de discréditer le maire et son équipe. Il y eut l’affaire Jirama (société d’Etat). Cette compagnie « eau et électricité » exigeait illico presto le paiement des arriérés de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Une dette colossale contractée par la précédente équipe (de Ravalomanana).

 

Andry Rajoeline rétorque que la CUA n’a pas les moyens de repayer. Il menace par ailleurs de faire démonter certaines installations « illicites » de la Jirama. L’affaire se calme. Mais la guerre continue.

 

Faire payer

On notera le chapitre des ordures « bloquées », qui ont étouffé la capitale. Certains commencent à grogner : « Le maire est un incapable ». D’autres estiment que c’est le président qui veut lui faire payer – et par la même occasion à la population de Tanà – leur « trahison ».

 

Les subventions gouvernementales ne parviennent pas dans les caisses de la CUA. On lui retire l’accueil du Sommet africain. On chuchote que la mairie sera confiée à une délégation spéciale et non plus au maire… et on en passe.

 

Et puis il y eut l’affaire Viva TV. Cette fois-ci, c’est à la chaîne de télé de Andry Rajoelina (eh oui, le maire a sa télé !) que l’Etat s’en prend. Motif : perturbation de l’ordre public en diffusant des propos de l’ancien président Ratsiraka – sous réserve de silence quant aux affaires nationales, de son confortable salon de Neuilly.

 

Duel

La CUA réplique en sommant MBS, la chaîne du président (bien sûr, il a aussi sa télé !) de quitter son emplacement « illicite ». Ce duel cristallise l’instrumentalisation des appareils étatiques pour assouvir le conflit personnel entre les deux antagonistes.

 

Exacerbé, Andry Rajoelina réalise qu’il lui faut, en plus de ses armes administratives, celle – la plus puissante de toutes : la foule. Il entame sa conquête, s’affublant de la bannière de « la liberté d’expression bafouée ». Un slogan racoleur dans un contexte où le débat de fond manque cruellement.

 

Une aubaine pour une opposition en panne d’arguments et boudée par la foule qui n’adhère pas (ou plus) pour autant à la cause de Ravalomanana. L’opposition s’attèle à ce TGV inespéré pour se remettre sur les rails.

 

Andry Rajoelina – qui n’a pas de parti mais qui s’est constitué une plate forme de soutien baptisé Tanora (Mala)Gasy Vonona – ne rejette aucune force capable de décupler sa vitesse.

 

Meneur de l’opposition

C’est ainsi que, sans que personne ne s’en rende vraiment compte, il se retrouve « meneur de l’opposition ». Pris dans ce jeu, ou plutôt jouant le jeu, le TGV se sent agrandir ses ailes politiques. Il exige la démission de deux ministres qu’il juge incapables.

 

Dans cet élan, il se présente même prêt à diriger une transition. Vous parlez de TGV, c’est carrément une fusée!

 

Bravant les interdictions, il rameute la foule au jardin qu’il baptise « place de la démocratie ». Une population harassée par la morosité ambiante (mi-janvier de surcroît), déçue par les promesses non tenues par le régime, frustrée par le gouffre qui ne cesse de se creuser entre les riches et le reste…

 

Andry Rajoelina lance un ultimatum au gouvernement, pour rouvrir sa station de télé. Mais l’Etat ne fléchit pas. Le maire est acculé. Faire marche arrière serait perdre la face. Il décide d’aller « jusqu’au bout ». Il se proclame « ambassadeur du peuple » et appelle à la désobéissance civile.

 

Ses partisans et autres mécontents du régime investissent la Place du 13 mai, haut lieu de contestation populaire. Et c’est la marche. Mais le mouvement – que les expériences similaires antérieures prouvent être pacifique – déborde.

 

Casser les biens

Au lieu de se contenter de cantiques religieuses pour faire « écrouler le mur », la meute a préféré les coups de barres à mine pour casser les biens publics et ceux du président – d’abord – puis les magasins de la capitale.

 

Manifestation politique ? Pillage collectif ? Les forces de l’ordre préfèrent se replier. Les gens se servent dans les grandes surfaces. « De toutes façons, les riches resteront riches. Ils peuvent bien partager un peu, non ? » argumentent des pillards, dont certains meurent écrasés sous les étagères qu’ils  assaillent.

 

C’est l’histoire derrière les titres furtifs des media sur « la révolte » et les « manifestations politiques » qui embrasent Madagascar.

 

Appuyé

Les observateurs estiment que le jeune maire ne serait pas aussi téméraire sans être « appuyé ». Histoire de dire que toute cette manœuvre est soutenue par des hommes de l’ombre.

 

Ils aident le maire à se débarrasser une bonne fois pour toutes de celui qui lui a toujours cassé les pieds. En retour, le maire leur servira de levier pour renverser le pouvoir… et de l’accaparer. 

 

Ravalomanana le pense également en avertissant qu’il ne tolèrera aucun coup d’Etat, qu’il soit mené du pays ou de l’étranger. Le séjour de Andry Rajoelina à Paris en fin d’année (deux semaines avant le début des tumultes) suscite des interrogations.

 

Qui y a-t-il vu officieusement? Pour quelles raisons ? Des questions qui resteront sans doute sans réponses. Ce qui laisse libre cours aux supputations…folles ou sensées.

 

A en juger par les milliards que Andry Rajoelina dilapide dans cette guéguerre, l’on estime qu’il jouit d’un puissant sponsor. Personne n’ose le dire, mais beaucoup le pensent…tout bas : les caciques de l’ancien régime.

11 Responses to “Chronique d’une mascarade de conflit politique”


  1. 1 Jessyjones janvier 31, 2009 à 2:20

    « L’animosité entre les deux hommes remonte beaucoup plus loin »
    C’est vrai, mais le point que l’on ne cite etrangement jamais et qui a pourtant l’air d’etre une véritée établie concerne la fille de Ravalomanana : Celle ci aurait en effet eu un enfant avec Andry TGV hors mariage (oui, dur a croire mais pourtant vrai), enfant qui serait du coup eleve par la famille de sa mere … donc le clan presidentiel

  2. 2 povtoon janvier 31, 2009 à 2:39

    Le rôle de la France m’intringue de plus en plus. J’apprends que TGV s’est proclamé « en charge des affaires nationales ». Si c’est pas un putsch ça le ressemble tellement.

    Mais il doit savoir que son pouvoir (s’il y accède) devrait être cautionné par la communauté internationale. Pourtant, dans cette affaire, la France s’affiche être l’interlocuteur de cette communauté internationale. Et le maire est si sûr de sa déclaration.

    Notez l’intervention de Kouchner (cf article La bévue « Kouchner ») alors que l’enjeu n’était même pas encore (officiellement)au stade de prise de pouvoir.

    La France tient-elle sa revanche sur Ravalomanana? Rappelez-vous du chapitre de l’ambassadeur de France rentré car il n’a jamais été reçu par le président.

    D’aucuns savent que Ravalo n’est pas francophile. Même après la casse de la radio, il a dit qu’il allait faire venir du matos Sudaf.

    On ne sait quels intérêts français sont si extrêmement menacés par le régime. En tout cas, dernièrement ce sont les Chinois et les Sud Coréens qui se pressent à la porte de Ravalo.

    Une caution d’une grande puissance expliquerait l’audace du maire à défier ainsi le président et toutes les instances de la République. L’adhésion de la foule n’est qu’un bonus.

  3. 3 povtoon janvier 31, 2009 à 2:43

    En plus, le silence de Ravalo semble signifier qu’il est en train de chercher du temps. L’on a beaucoup parlé de médiation internationale. Quelle est la teneur de cette médiation? Quels sont les enjeux de la négociation? Qui vivra verra!

  4. 4 Ragasy Mafyloha février 1, 2009 à 3:03

    Quelque soit les griefs de la France envers Ravalomanana, par principe, elle ne peut pas cautionner une prise de pouvoir par la force.
    D’ autant plus que l’UA a donné son soutien au pouvoir actuel. Si la France devait s’impliquer dans la vie politique malgache, elle attendra l’élection présidentielle de 2012.
    A mon avis, Ravalo est en train d’exiger de la France de mettre en demeure Didier Ratsiraka de ne plus s’ exprimer en public sur la situation politique malgache.(voir ITW de ce dernier par VIVA). Quant à TGV et ses conseillers, ce sont des pieds nickelés : croire qu’il suffit d’être populaire et de surfer sur la colère de la population pour prendre le pouvoir est un leurre. Une vraie mobilisation politique demande autre chose, à savoir une adhésion à des idées, à des valeurs autres que mercantiles, la mise en place d’une organisation sans faille dans tout le pays et non seulement à Tana. A ce titre, la mobilisation politique de 2002 a été un modèle du genre.
    Maintenant, on ne sait jamais de quoi demain sera fait, mais logiquement, TGV devrait se retrouver à Antanimora d’ ici peu.

  5. 5 rasoa février 1, 2009 à 9:29

    Eh bien, précisons les choses , un petit flash back !!!!

    De l’illégalité et de l’illégitimité de Marc Ravalomanana

    À l’heure où les esprits s’échauffent et où l’euphorie risque de l’emporter sur la raison, il est nécessaire de rappeler la chronologie des faits qui ont conduit Marc Ravalomanana à s’autoproclamer Président de la République en faisant l’amalgame entre légalité et légitimité. Ce rappel des faits est également nécessaire pour que ne soient par reproduites les mêmes erreurs ou les mêmes approximations, ainsi que les arrangements anticonstitutionnels validés par ceux dont le rôle est d’en être les gardiens, en l’occurrence la HCC (Haute Cour Constitutionnelle) ; et dont l’indépendance, malheureusement, ne se mesure non pas par la probité de ses membres, mais plutôt par leur perméabilité aux différents stimuli exercés pour servir les intérêts parfois purement personnels des uns et des autres.Chaque étape de la refondation de Madagascar devra donc reposer sur la légalité si l’on veut obtenir un minimum de stabilité et pouvoir repartir sur de bonnes bases. De même que l’intérêt commun doit maintenant primer sur les intérêts particuliers. Personne aujourd’hui n’est capable de calculer ou de comptabiliser l’implication et l’engagement de chaque entité dans la lutte et dont l’issue est encore incertaine tant que Marc Ravalomanana ne sera pas mis aux arrêts.Le document ci-dessous éclaire néanmoins sur les multiples violations de la Constitution exercées par Marc Ravalomanana et ses partisans tout au long de ses deux mandats. C’est donc une source d’informations qui peut conduire à juger et à faire condamner celui qui sous le prétexte de la légitimité, s’est assis sur la légalité pour assouvir son désir absolu de pouvoir. 2002-2006 et 2006-2009 : POUVOIR ILLEGITIME ET ILLEGAL DE RAVALOMANANAPARADOXALEMENT, lors des élections du 3 Décembre 2006 qu’il a gagné au 1er tour face à 13 autres candidats, le Président RAVALOMANANA est abandonné aujourd’hui, en même temps par sa légitimité et par la légalité.En choisissant la date du 3 Décembre 2006, le régime de RAVALOMANANA est entré dans une 2e période de cinq années d’illégalité, en outre, il perd la légitimité à laquelle il s’accrochait, en se faisant élire au 1er Tour par seulement 2 Millions de Malgaches sur 16 Millions.POURQUOI DONC ?La date du 22 Février 2002 n’est pas le début du mandat présidentiel, mais le 6 Mai 2002, jour de la 2e Investiture, puisque RAVALOMANANA n’a été déclaré vainqueur au 1er tour par la HCC rénovée que le 29 Avril 2002, après un nouveau décompte des voix ordonné par l’Arrêt N°4 du 16 Avril 2002 de ladite HCC.La fin du premier mandat de RAVALOMANANA aurait dû être fixée au 6 MAI 2007, puisque ni la prorogation, ni l’écourtement de ce mandat ne sont tolérés par la Constitution que dans des situations strictement déterminées (art. 47 et 52 de la Constitution).Il n’y a aucune interprétation ni discussion possible sur ce début de mandat, car l’Arrêt N°4 du 16 Avril 2002, en renvoyant à un nouveau décompte des voix a annulé l’Arrêt du 25 Janvier 2002 préconisant un 2e Tour, et un autre Arrêt du 29 Avril 2002 a déclaré RAVALOMANANA VAINQUEUR au 1er Tour, aboutissant à l’Investiture du 6 Mai 2002, (la 2e).Qu’en est-il donc de la période du 22 Février 2002 au 6 Mai 2002 durant laquelle RAVALOMANANA ETAIT AU POUVOIR CONCURREMENT avec RATSIRAKA qui n’a quitté MADAGASCAR que le 13 Juin 2002 ?Les termes de l’art. 47 in fine de la Constitution sont clairs et sans équivoque :« La Président en exercice reste en fonction jusqu’à l’Investiture de son successeur dans les conditions prévues par l’article 48 » (prestation de serment et investiture).Donc, jusqu’au 6 Mai 2002 RATSIRAKA était le Président en exercice et il était toujours à Madagascar à cette époque. Le SG de l’OUA à l’époque avait mis en garde RAVALOMANANA, je cite :« Art. 7 : J’ai clairement indiqué au candidat RAVALOMANANA, que s’il y avait une investiture de leur candidat en dehors des normes constitutionnelles, l’OUA ne pourrait tolérer ni accepter ce changement anticonstitutionnel de gouvernement, conformément à la décision d’Alger de juillet 1999 et à la Déclaration de Lomé de 2000. Je l’ai donc encouragé à accepter le 2e Tour pour confirmer le choix des électeurs ».Par conséquent, le gouvernement de Sylla et le Président RAVALOMANANA sont des usurpateurs de titre et de fonctions.Ce n’était même pas un coup d’État, même insurrectionnel puisque RAVALOMANANA a assisté à la convention de DAKAR I en Avril 2002, en tant que candidat, alors qu’il s’était investi Président de la République le 22 Février 2002.À l’unanimité, lors de cette Convention RATSIRAKA était encore Président (du 22 Février au 6 Mai).Après cette date il y a encore eu contestation sur sa qualité de Président car la Convention de Dakar I n’a pas été respectée. ET IL Y A EU DAKAR II.RAVALOMANANA et SYLLA auraient dû se contenter de l’investiture du 22 Février 2002 qui aurait pu les couvrir éventuellement, mais il a fallu que dans l’euphorie de cette Victoire au 1er Tour arrachée à la HCC, et sans réfléchir aux conséquences désastreuses de cette 2e investiture sur leur avenir politique, ils fassent un REMAKE de la cérémonie d’Investiture comme des simplets sans expérience.Ils plaidaient la légitimité à cette époque. Mais quelle légitimité ?On était à trois jours après l’échec des négociations du HILTON, et aucun fait nouveau, ni juridique, ni judiciaire, n’est survenu ; en fait la décision finale de la Commission paritaire était d’organiser un 2e « Tour » accepté par les deux parties, le 19 Février 2002.Cette période du 22 Février au 6 Mai 2002 n’a jamais été légalisée ni même « légitimée », car d’eux-mêmes, en réorganisant la deuxième investiture, RAVALOMANANA et consorts reconnaissent de facto l’inanité, l’inutilité et l’illégalité de la 1ère Investiture du 22 Février 2002.Or à l’approche de la fin de son premier mandat, en Mai 2006, peut-être pour échapper à une éventuelle poursuite sur cette période « sulfureuse et nébuleuse », voilà que la Primature demande à la HCC VERSION 2006 d’ACCREDITER DE NOUVEAU CETTE INVESTITURE INSURECTIONNELLE du 22 Février 2002, en fixant le début de son mandat au 22 Février 2002, et en choisissant la date du 3 Décembre 2006 pour les élections présidentielles « qui ne constituerait qu’une dérogation de 20 jours dixit la HCC ».En fixant cette date des élections au 3 Décembre 2006, et en mettant tout en œuvre pour tenir ces élections avec toutes sortes de manipulations et de manœuvres frauduleuses, ils étaient en marge de la légalité tout en prônant que « MADAGASCAR est un État de Droit » ; Et ceci avec la complicité de toutes les Institutions de la République qui leur sont inféodées, à commencer par la HCC, qui, faisant fi de sa mission de gardienne de la légalité, a fait élire RAVALOMANANA et a organisé une mascarade d’Investiture le 19 Janvier 2007 en compensant les défauts de légalité de la cérémonie qui n’était pas conforme à celle préconisée par la Constitution, par l’apparat de magistrats en toge qui ont abandonné toute dignité pour se prêter à cette parodie d’investiture.Et le régime RAVALOMANANA entre dans une nouvelle période de pouvoir inconstitutionnel et illégitime car « MAL ÉLU », seulement par un cinquième de la population en âge de voter.Pourtant l’OUA en 2002, avait essayé de résoudre politiquement la crise, pour éviter le blocage, l’insécurité et la violence, les affrontements armés dans le pays et aussi persisté dans l’exécution des Conventions de DAKAR I et DAKAR II, justement en prévision des complications d’aujourd’hui ; car à défaut de consensus et à cause du rejet du régime en place d’une réconciliation nationale, le pouvoir perd de sa crédibilité et après cinq ans de règne sans partage on en est toujours au même point d’incompréhension totale entre le régime et l’opposition qui s’est bien étoffée depuis de tous les déçus et des rejetés par ce régime.Le départ inopiné de RATSIRAKA a bloqué le processus, et RAVALOMANANA s’est pris pour le Messie et le Sauveur de la patrie, alors qu’il l’a enfoncée dans une spirale de violences, d’injustice, d’insécurité, et de marasmes économique sans précèdent. RAPPEL DES EVENEMENTS DE 2002 ET LES DEUX ACCORDS : DAKAR I ET DAKAR IIEn Janvier 2002, le 25 exactement, la HCC de cette époque avait déclaré qu’il y aura un deuxième tour, car RAVALOMANANA avait obtenu 46,21 % des voix et RATSIRAKA 40,89 %.Les partisans de RAVALOMANANA ont contesté cette décision car ce dernier aurait gagné par 51 % des voix selon leur décompte.Madagascar entre alors dans une crise post électorale sans précédent pour elle et qui la secoue encore sept années après, car la prise de pouvoir contestée de RAVALOMANANA n’a pas été solutionnée malgré les deux Accords de Dakar auxquels il ne s’est pas plié, bien qu’étant signataire avec d’autres chefs d’États africains.Ces Accords de Dakar ont été préparés suite à l’échec de la Commission paritaire du Hilton siégeant du 13 au 19 Février 2002 et qui avait préconisé un deuxième « round » des négociations, et au lieu de s’y conformer, RAVALOMANANA et ses partisans ont organisé l’Investiture du 22 Février 2002 sans faits nouveaux (juridiques ou légaux) comme un décès, une démission ou le départ de RATSIRAKA de MADAGASCAR, ou autre décision de la justice.Le SG de l’OUA à cette époque avait rejeté dans son rapport en son art. 7, l’idée de ce projet d’Investiture de RAVALOMANANA, lorsque ce dernier leur a fait part de son intention de se faire investir en Février 2002.L’OUA a condamné ce projet et cette investiture en vertu de la Déclaration de Lomé sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement.À défaut de deuxième « round » des négociations de la Commission paritaire, dépassée par les événements il y eu les Accords de DAKAR I du 18 Avril 2002 et DAKAR II.DAKAR I s’est tenu à la même période de la sortie de l’Arrêt de la Chambre Administrative de MADAGASCAR. Aucune des deux parties n’a appliqué cette CONVENTION et les violences ont continué.La HCC a par la suite proclamé RAVALOMANANA vainqueur au 1er Tour et le camp de RATSIRAKA n’a pas accepté ce verdict.Il a fallu organiser un DAKAR II. Des émissaires sont venus à MADAGASCAR pour cela, du 2 au 4 MAI 2002. Mais RAVALOMANANA préparait déjà en douce sa 2e Investiture pour le 6 MAI 2002.Pourtant en son art. 42, le rapport du SG de L’OUA à l’époque permet de constater que pendant la période du 22Février 2002 au 6 Mai 2002, RAVALOMANANA et consorts effectuaient déjà des actes de Gouvernement.La mauvaise foi de RAVALOMANANA et de son équipe est flagrante depuis le début car de toutes les promesses qu’il a fait dans sa lettre du 15 JUIN 2002 au Président ABDOULAYE WADE, il n’a en fait rien tenue ; alors qu’il avait dit dans cette lettre qu’il était d’accord avec les points essentiels du « Plan de Règlement de DAKAR II » et il a même proposé dans sa lettre de faire une formule d’amnistie de RATSIRAKA et de sa famille pour qu’ils puissent retourner vivre en paix à MADAGASCAR ; alors qu’il l’a fait condamner par la suite, pour justement l’empêcher de revenir ainsi que les autres exilés de 2002.En conclusion, tout ce que fait ce Président ne peut être consigné quelque part, puisqu’il fait toujours le contraire de ce qu’il dit ou promet.Ce qui se passe actuellement à MADAGASCAR est le contraire de ce que dit ce régime, exemple : « MADAGASCAR est un État de Droit » alors qu’on y bafoue le Droit et la Constitution à longueur de journée. On ne connaît pas ce qui est le minimum dans les Droits de l’homme, on terrorise la population avec les menaces d’arrestation et de perquisitions en dehors de toute légalité et je présume que cela ne ferait qu’empirer pour les mois à venir à voir la composition du nouveau gouvernement, dirigé par un Général de la Gendarmerie.La Rédaction

  6. 6 rasoa février 1, 2009 à 9:32

    Lettre ouverte de Mr Albert ZAFY ….. ah …..

    Pour ceux qui ont un language facile … écouter bien avant de parler …..

    …. l’histoire nous l’apprendra

    Lettre ouverte à l’attention de Marc Ravalomanana

    Son Excellence, Monsieur Marc Ravalomanana,
    Voici quelques propos que vous avez tenus sur la place du 13 mai en 2002 :
    · « Je ne vais pas appauvrir les riches mais à enrichir les pauvres ».
    · « J’offrirai à chaque citoyen du Nord, une voiture Renault 4 ; À chaque ménage de la province de l’Ouest un Frigidaire ».
    · « Je concrétiserai pour Madagascar le développement rapide et durable ».
    Six (6) années sont passées, Monsieur Ravalomanana. Honnêtement, où en est le pays actuellement ?
    Après avoir entendu vos promesses, vos suppôts ont poussé des cris de joies, font entendre d’incessantes acclamations et des louanges accompagnées de danses. Beaucoup parmi eux vous ont même désigné comme le Messie, le sauveur. « Marc Ravalomanana le Messie, le « deus ex machina » venu pour sauver le peuple malgache et le libérer de sa profonde pauvreté ».
    Les pauvres ont ainsi espéré pouvoir enfin s’enrichir. Malheureusement, depuis que vous avez accédé au pouvoir, le peu qu’ils avaient, s’est littéralement évaporé. Ils sont tombés en faillite totale, complètement dépouillés. Ils forment aujourd’hui la cohorte des mendiants qui peuplent tout le territoire national.
    Ceux qui à l’époque formaient la classe aisée, se retrouvent aujourd’hui également dans une profonde pauvreté après que vous les ayez dépouillés vous-même de leurs biens. Pire, vous avez même juré de les écraser par tous les moyens, car cette classe aisée, constituait à vos yeux des concurrents potentiels à vos propres activités commerciales. Pour cela, vous avez tout fait pour les empêcher de faire fructifier leurs commerces ou encore de développer leurs entreprises en monopolisant toutes les activités juteuses du pays.
    Vous vous êtes approprié toutes les activités lucratives dans tous les secteurs, aussi bien primaire, secondaire que tertiaire.
    Vous n’hésitez pas à violer les lois, vous vous servez dans les caisses de l’État en toute illégalité et vous vous livrez à un système de monopole « sauvage » de l’économie nationale. Par ces faits graves, vous avez volontairement trahi le serment que vous avez fait à Mahamasina lors de votre investiture. Un serment par lequel vous vous êtes, pourtant, solennellement engagé à préserver coûte que coûte l’intérêt suprême de la Nation et garantir la liberté d’entreprise.
    Comme un oiseau attrapant sa proie, vous vous êtes, au contraire, arbitrairement accaparer toutes les ressources et toutes les richesses disponibles dans le pays au profit de votre intérêt personnel. Et pour les autres, ceux qui aspirent à faire prospérer légalement leurs entreprises ou à développer leur propre société, vous leur avez offert soit la prison, soit l’exil, soit des amendes faramineuses. Ceux qui n’ont pas pu s’acquitter de leurs amendes se sont tout simplement vus confisquer leur patrimoine.
    Pendant que vos sociétés TIKO et MAGRO développent leurs branches tentaculaires, les Malgaches eux se livrent à la mendicité et se morfondent dans une pauvreté criante.
    Votre comportement n’est pas digne Monsieur Ravalomanana. Votre attitude apporte la poisse au pays ; Les conséquences se manifestent actuellement à travers la pauvreté et toutes les calamités que le peuple subit quotidiennement : Le chômage qui s’accroît du fait de l’élimination de toutes les entreprises qui cherchent à émerger ; la pauvreté ; l’insécurité publique devenue de plus en plus inquiétante aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.
    Voilà ce à quoi le peuple malgache est confronté tous les jours.
    Et devant tous ces faits graves, Monsieur Ravalomanana, vous n’avez même pas honte d’exhiber votre richesse insolente acquise de façon douteuse. Vous n’avez pas honte d’exproprier le peuple malgache de ses propres terres. Vous n’avez pas honte de vous approprier des terrains domaniaux publics au profit de votre intérêt personnel. Vous n’avez aucun scrupule !
    Vous vous moquez du peuple malgache, Monsieur Ravalomanana. Parce que vous vous sentez, actuellement, très puissant, trop puissant même, grâce à tous les pouvoirs que vous avez concentré dans vos mains. Vous vous permettez d’adopter une posture arrogante envers eux ; vous n’hésitez pas à rabaisser ce peuple, vous vous complaisez constamment à les humilier. Vous ne vous souciez nullement de leur sort.
    Vous aimez bien vous amuser à détruire vos compatriotes, qu’ils soient des opérateurs économiques, des politiciens ou bien des jeunes, car vous vous croyez être le « meilleur » et le « plus fort ».
    Ne vous habituez pas à pister le chemin des caïmans, Monsieur Ravalomanana.
    Ne vous complaisez pas à attraper le serpent dans son trou.
    Vous avez dit, Monsieur Ravalomanana, que vous allez gouverner Madagascar comme vous gérez votre société TIKO. Vous aimez répéter à l’envi, en parlant du peuple malgache, qu’ils sont vos « sujets ». Ceci étant, vous considérez donc le peuple malgache comme « les sujets de TIKO », de simples employés et jamais comme des citoyens souverains.
    Mais, vous vous prenez pour qui, exactement, Monsieur Ravalomanana, pour que vous osiez traiter et réduire le peuple malgache à de « simples sujets » au service d’une société commerciale ?
    Qu’est ce que vous croyez donc pouvoir faire avec votre richesse aussi abondante soit-elle ?
    Vous ne respectez nullement les militaires malgaches. Vous n’hésitez point à les rabaisser et à les insulter publiquement. Vous les considérez, au même titre que tout le peuple malgache, comme de simples employés de TIKO .
    Vous leur confiez volontairement des tâches qui ne correspondent pas à leurs fonctions ni à leurs missions, ce qui est très dévalorisants pour leur rang, comme, par exemple, celle de s’occuper de la propreté et de l’hygiène des vaches laitières appartenant à votre société TIKO, ou encore à nettoyer leurs défécations, ou à garder des boucs et des troupeaux de porcs.
    Vous vous complaisez à humilier les militaires et les membres de la défense nationale en leur faisant régulièrement des procès dont l’impartialité est notoirement douteuse, et durant lesquels ils ont rarement le droit de se défendre.
    Vous vous complaisez à les emprisonner à Tsiafaha, quand bien même la plupart des procès n’a finalement qu’un caractère purement politique. Votre action à l’endroit de l’Armée s’apparente à une vengeance contre ce corps, celui qui a gardé sa neutralité, donc refusant de soutenir votre auto-proclamation du 22 février, durant la crise politique de 2002.
    Ceux, parmi les prisonniers, qui sont malades, se voient refuser une autorisation de se soigner malgré l’existence de certificats médicaux ; Beaucoup, d’ailleurs, sont morts en prison à cause de ce refus ; Dans la plupart des cas, vous attendez que les malades soient en phase terminale avant de les autoriser à sortir de prison pour se faire soigner. Un comportement qui déroute et interpelle de nombreux médecins.
    Alors que dans le cadre de la « pacification », des « milices » dénommés « zanadambo » et agissant sous vos ordres, se sont livrées à de multiples exactions, meurtres, viols, pillages, tortures et crimes odieux (comme couper les oreilles et le nez de leurs adversaires), leurs agissements ont été impunément commis, et aucun d’entre eux n’a été jugé ni condamné.
    En suivant votre logique, Monsieur Ravalomanana, vous méritez, vous aussi, d’être emprisonné et torturé eu égard aux crimes que vos troupes ont commis durant cette période de crise de 2002.
    Vous occultez volontairement à l’Armée sa dignité, vous piétinez son honneur : Des promotions en grade sont effectuées par clientélisme, envoi massif des officiers supérieurs en retraite anticipée, les « rétrogradations » sont légions…Tout cela prouve que vous n’agissez que par esprit de vengeance et par la volonté de nuire à l’Armée, qui est le garant de la République.
    Ne vous étonnez donc point lorsque vous voyez qu’une malaise s’installe au sein de l’Armée, ce que les médias rapportent régulièrement dans les colonnes de journaux. Ne vous étonnez pas lorsque vous entendez qu’il y a des « tentatives de coups d’État » par-ci ou des « vols d’armes dans des casernes » par là, ce qui renforce l’insécurité publique avec la prolifération des armes dans le camp des bandits, car pour certaines personnes, celles que vous avez constamment humiliés, et auxquels vous avez enlevé la dernière dignité, il ne leur reste plus que ces options dangereuses comme réflexe de survie.
    Ne vous étonnez donc point de tout cela car ce ne sont que les conséquences directes de vos actions calamiteuses.
    Ne vous étonnez pas de voir que des gens, des fous ou pas, cherchent à vous jeter des pierres, cherchent à s’introduire dans un temple, au palais d’Iavoloha, à Ambohitsirohitra en vue de vous nuire, car ce ne sont que les conséquences des faits insupportables dont vous êtes la seule cause.
    Généralement pour des motifs politiques, vous emprisonnez des militaires, vous emprisonnez des civils, vous avez même violenté et emprisonné vos propres miliciens de 2002 lorsqu’ils ont réclamé la « prime de guerre » que vous leur avez promis, leurs familles menacées et intimidées, alors, ne vous étonnez pas lorsque l’insécurité règne au pays.
    Vous croyez en fait, naïvement, que le « titre de chef suprême des Armées » et le « titre de président du Conseil supérieur de la magistrature » vous donne la prérogative d’humilier, de rabaisser à votre bon vouloir les militaires et les magistrats. Vous vous trompez lourdement Monsieur Ravalomanana.
    Qu’en est-il du peuple malgache ?
    Ras-le-bol ! Ras-le-bol total ! Le peuple malgache en a plus que marre de vous, Monsieur Ravalomanana. Ils ont en marre des mensonges que vous produisez à profusion et dont vous avez habilement le seul secret. Ils en ont marre des fraudes et tricheries électorales à n’en plus finir. Ils en ont marre de ces violations répétées des lois. Ils en ont marre de ces détournements de deniers publics.
    Si, donc, vous vous demandez ce que le peuple malgache pense de vous, Monsieur Ravalomanana, soyez en certain de la réponse : Le peuple malgache vous a depuis longtemps quitté. La preuve la plus flagrante en est l’élection communale du 12 décembre 2007 dernier.
    Malgré l’appui financier et le soutien politique voire administratif conséquent que vous avez déployé à Antananarivo, vous avez été platement battu. C’est la raison pour laquelle vous vous comportez comme un irresponsable envers l’actuel Maire d’Antananarivo en sabordant par tous les moyens la gestion de la ville par celui-ci. Vous avez même osé rabaisser de catégorie la commune d’Antananarivo en la reléguant au rang des autres communes, ce qui lui enlève son statut particulier de capitale du pays que vous prétendez conduire.
    Une autre preuve aussi pour démontrer que le peuple vous a quitté, Monsieur Ravalomanana, est l’audace de la population vivant dans les communes rurales, malgré la force d’oppression que vous détenez, à fermer, de force, les bureaux de votes dans lesquels vos « agents » cherchaient à manipuler les choix du peuple en votre faveur. Cela signifie que même le peuple de « base » ose se révolter, ouvertement, contre vos méthodes brutales dans la pratique du pouvoir.
    Vous êtes perdu, Monsieur Ravalomanana, car le peuple vous a clairement abandonné.
    Il est donc faux de dire que le peuple malgache vous apprécie encore.
    Sachez donc que ces « révoltes » et ces « choix » pour des candidats non issus de votre formation politique, sont des « sanctions » que le peuple malgache vous afflige. C’est également « un avertissement » clair que le peuple adresse à vos serviteurs, ces chefs de districts, ces chefs de régions, ces ministres-coach, ces chefs de fokontany, ces gens à qui vous avez donné l’ordre de commettre toutes ces fraudes électorales honteuses et toutes ces basses besognes, dans tout le pays.
    Le peuple malgache en a plus qu’assez de vous tous, Monsieur Ravalomanana.
    Qu’en est-il des opérateurs économiques ?
    Comme je l’ai dit précédemment, vous les avez tous éliminés, écrasés. Vous les empêchez ouvertement de s’émanciper. Ainsi, vous serez le seul « maître à bord » à travers tout le pays. Telle est votre unique ambition, Monsieur Ravalomanana. La raison de votre arrogance actuellement.
    Vous avez donc actuellement ce que vous avez toujours convoité, Monsieur Ravalomanana, c’est-à-dire être le plus puissant de Madagascar aussi bien dans le domaine politique que dans le domaine de l’économie, et surtout en terme de « pouvoir ». Voilà, actuellement, vous êtes l’homme le plus puissant de Madagascar.
    Mais quels sont les conséquences sinon les contres partis ?
    Tous ceux qui vous ont soutenu politiquement vous ont quitté. D’ailleurs, bons nombres d’entre eux sont déjà emprisonnés. Tous les opérateurs économiques, fer de lance de l’économie nationale, qui ont cru en vous, vous ont abandonné. D’ailleurs, bons nombres d’entre eux, sont déjà tombés en faillite et ont rejoint les cohortes de pauvres. Le peuple malgache, même, celui que vous croyez être acquis à votre cause, vous a, incontestablement, lâché.
    Maintenant vous êtes seul, Monsieur Ravalomanana. Qu’allez vous faire maintenant ? Vous allez donc compter sur qui à partir de maintenant ?
    Allez-vous vraiment compter sur vos députés ? Allez-vous vraiment compter sur vos sénateurs ? Allez-vous vraiment compter sur vos chefs de districts ? Allez-vous vraiment compter sur ces chefs de régions que vous avez, tous, désigné ? Allez-vous vraiment compter sur les Maires que vous faites venir à Iavoloha chaque année ? Allez-vous vraiment compter sur vos chefs de fokontany ?
    Ce sont donc sur ces gens-là que vous allez vous appuyer et à qui vous allez demandé de vous soutenir ?
    Sachez, Monsieur Ravalomanana, que ces gens-là sont « soumis » à vos directives, des gens qui sont absolument dépendants de vos ordres et de vos recommandations. Des gens qui s’appuient sur vous et par rapport à qui vous ne pouvez prétendre obtenir aucun soutien. Je vous préviens, Monsieur Ravalomanana, qu’en vous fiant à « vos obligés », vous êtes entrain de vous appuyer sur un arbuste pourri. Vous êtes entrain de vous balancer sur des lianes sèches.
    Je vous préviens qu’à la moindre occasion, ce seront les premiers à vous abandonner sinon à vous livrer à vos ennemis.
    N’espérez pas compter sur eux, car vous êtes actuellement seul et isolé.
    Pour vous donner une image de votre position actuelle, je vais vous rappeler le message que Danton adressa à son ami Robespierre, durant la révolution française, alors que ce dernier était au sommet de sa toute puissance et avait déjà éliminé, par décapitation tous ceux qui l’avaient accompagné et aidé dans son combat. Ce message fut celui-ci : « En nous éliminant tous, nous qui sommes vos amis, vous créez le vide autour de vous et laissez la place libre à vos ennemis. Une fois seul, vos ennemis qui vous auront à leur merci, vous, guillotineront à votre tour, comme des lions affamés qui dévoreront avec délectation leur proie ». Robespierre n’écouta pas les conseils de son ami, et il fit décapiter Danton, mais deux mois après, il fut lui-même décapité par ses ennemis.
    Réfléchissez donc bien à ce sage conseil Monsieur Ravalomanana.
    En revanche, il y a un dictateur qui a fourni une autre conception de la gouvernance à travers l’enseignement suivant : « Si vous voulez rester au pouvoir jusqu’à la mort, voici les plats que vous devrez servir au peuple : Premièrement, la terreur, deuxièmement, l’ignorance (empêchez les gens de s’instruire) ; troisièmement, absence de liberté et de démocratie ; quatrièmement, toujours maintenir le peuple dans la pauvreté. Si vous arrivez à nourrir votre peuple avec ces différents « mets », vous resterez à jamais au pouvoir ».
    Je ne sais donc pas si vous, Monsieur Ravalomanana, avez reçu cet enseignement-là, mais en tout cas, je vous souhaite un « bon appétit ».

  7. 7 Mityu février 5, 2009 à 2:15

    en parlant de Marc Ravalomanana et de Andry Rajoelina, quel est ce lien qui les unit et qui les sépare à la fois?

    Est-ce que quelqu’un pourrait nous éclairer sur les incidents antérieurs entre les deux hommes (à part les histoires de panneaux car je sais que TIKO était parmi les gros client de INJET jusqu’à une certaine période)


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