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Seuil de tolérance

Thumb up for peace

A voir le comportement du pouvoir de fait actuel, à Madagascar, je me demande jusqu’où la population pourra-t-elle supporter ce régime et ses déboires ? 

Ceci dit, la question qui me tarabuste est surtout : « qui est-ce qui pourra prendre les rênes et assurer une direction convenable, après cette lamentable parenthèse qu’est la Haute autorité de transition ? »

C’est parce que la réponse à cette question n’a pas été trouvée que la fameuse majorité silencieuse semble passive, sinon résignée, laissant le destin décider de ce qui devra advenir.

Et je reviens à un post que j’ai publié il y a plus d’un an de cela, sur la construction d’une véritable opposition. Non pas un ramassis d’opportunistes, excellant surtout et seulement dans sa capacité de nuisance.

Un mouvement (pour ne pas dire un parti) étoffé de gens qui ont une meilleure vision du pays et du peuple. Des gens persuadés que la réussite peut passer par d’autres chemins que ceux de la corruption et des affaires illicites – que l’on banalise par le terme « business ».

Des gens capables de transmettre cette vision au reste de la population. Des fédérateurs qui savent susciter des émules. Qui rappellent que le bien être des individus ne peut se réaliser au détriment de la société qu’ils forment. Et vice versa. Bref, des leader qui connaissent, puis agissent conséquemment.

Un tantinet idéaliste ? Au mieux romantique ? Pourtant, c’est ainsi que s’est bâtie la nation Américaine. Grâce à une poignée de gens visionnaires et prompts à agir.

Des gens de cette trempe, le pays en compte certainement (sanatria dia ho lany olomanga ny firenena.) Encore faut-il les dénicher, les rassembler. Dans leurs milieux respectifs, déjà, ils mènent plus ou moins discrètement leur combat.

En combinant leurs potentiels et leurs efforts, ils peuvent faire davantage. Et enfin offrir à ce pays le rêve de paix et de joie (hiadana sy ho finaritra) pour lequel nos grands parents ont combattu et sont morts, voilà déjà un demi-siècle.

Quand ce mouvement verra le jour, la population aura vite atteint son seuil de tolérance quant à la gabegie actuelle. Et ce régime ou ce qui pourrait être son prolongement tombera de lui-même. Ou avec un léger coup de…pouce.

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N’importe quoi !

Roindefo à la rescousse


La confusion qui prévaut dans différents aspects de la vie – politique, économique et social – à Madagascar favorise toutes sortes d’idées et d’actions incongrues.

Ainsi, j’apprends par la presse que Monja Roindefo est allé en Thaïlande, pour trouver une solution à la crise (sic). A quel titre ? Il a été déchu de son statut de Premier ministre de la Haute autorité de transition, tout en n’ayant pas sa place au sein de la mouvance Madagasikara.

Et de quelle crise s’agit-il ? Si c’est celle – politique – dont il est l’un des responsables, quelle solution pourrait-il trouver en Thaïlande ? Que va-t-il y dénicher, que ni la Sadec, ni l’Union africaine, ni la communauté internationale n’ont pu formuler ?

Jamais n’a-t-on entendu parler de liens politiques spécifiques entre les deux pays. Encore moins lors de cette crise. Bangkok est surtout une destination d’affaires (entre autres pour les pierres précieuses), justifiant une ligne directe de Air Madagascar.

Aux autres les balivernes ! Il ne faut tout de même pas prendre les gens pour des imbéciles. Plus encore que le bois de rose, Madagascar est riche en langue de bois. Et il semble qu’il l’exporte tout aussi bien.

Spin doctors

Bonne année 2010

Jusqu’où la France est-elle trempée dans les affaires politiques malgaches ? Je pense que, finalement, personne ne le sait, y compris les autorités françaises elles-mêmes.

Cette incertitude nourrit une suspicion constante, d’abord entre les différents partis malgaches de pactiser secrètement avec l’ancienne puissance coloniale, pour son soutien à conquérir le pouvoir. Mais aussi, envers la France de vouloir contrôler le pays par régime interposé. La position souvent ambiguë de la France entretient ce flou.

Avec un bon camarade français, on en discute parfois de cette situation. Et il remet les choses dans une perspective intéressante. En substance, que la France perde, gagne, s’immisce ou s’en fiche de la politique malgache n’est tout simplement pas le souci du Français.

Désolé pour notre nombrilisme insulaire qui tend à ramener le regard intéressé du monde entier sur nous, mais il a raison. Madagascar et ce qui s’y passe n’est certainement pas marqué dans l’agenda chargé de Sarkozy. C’est une affaire déléguée à un délégué qui l’a déléguée à un délégué.

Au bout du compte, c’est ce délégué (peut-être un groupe d’intérêt, un lobby…)  qui constitue le pont vers l’administration centrale. Je l’appelle « spin doctor » qui, par définition, est un manipulateur d’opinion.

Il connaît les rouages complexes d’une situation. Ainsi, on lui fait confiance. Ses conseils sont précieux et écoutés. Ses informations sont fiables. En fait, c’est lui qui détient les rênes du pouvoir.

Quel est le rôle joué par la France dans le génocide au Rwanda ? En attendant les véritables réponses, des avis méritent l’attention.

La perception est que la France soutenait le régime Hutu. Un député socialiste explique que la France n’avait  d’affinités particulières ni pour les Hutus ni pour les Tutsis.

Mais visant à établir une équilibre entre les partis opposés, justement afin d’éviter l’embrasement, le gouvernement Français, d’une manière ou d’une autre a fourni son soutien aux Hutus, face au Front patriotique rwandais (FPR) – Tutsis rebelles – jugés bien équipés. On connaît la suite.

Si c’est le cas, la France a commis une erreur d’appréciation très grave. Les spin doctors y sont pour beaucoup. Ce qui m’interpelle dans cette explication, c’est cette « recherche d’équilibre ». Ce mot est ressorti plusieurs fois, dernièrement, dans cette crise malgache.

La France souhaite une solution équilibrée. A la rwandaise ? A appuyer une faction jugée faible afin de permettre l’instauration de solutions politiques ? En se fiant à l’odomètre des spin doctors ? La recherche d’équilibre en elle-même est juste. Mais gare aux erreurs d’évaluation.

A propos de spin doctors, mon esprit va aux Andriamanjato (présent lors des présentations de vœux de Ravalo l’année dernière et présent à celui de Rajoelina cette année), Ratsirahonana (aux côtés de Ravalo à Dakar en 2002 et aux côtés de Rajoelina à Dakar en 2009). Et pas à eux seuls.

le b.a.-ba du dessin de presse en Afrique

Couverture de Africultures n°79 (éd. L'Harmattan)


Sorti chez L’Harmattan en cette fin d’année 2009, « La caricature et le dessin de presse en Afrique » est un ouvrage unique en son genre.

Ce numéro 79 du magazine Africultures est un voyage à travers le riche mais peu connu paysage de la caricature et du dessin de presse africain. Un périple, de pays en pays, ponctué d’escales – rencontres avec quelques dessinateurs. Un long trajet mais qui vaut bien le détour.

Adieu Aimé !

Ainsi, mon confrère, le dessinateur de presse Aimé Razafy est parti sans sommation. Discret, il l’aura toujours été. La preuve, les documents sur ce talentueux éditorialiste sont très rares (photos, articles…) Ses œuvres sont beaucoup plus affichées. Et encore, elles ne sont pas appréciées à leur juste valeur, je pense.

Les discours de reconnaissance posthume me mettent souvent mal à l’aise. Dans le cas de Aimé par exemple, d’aucuns s’accordent à dire qu’il est génial. Mais il ne sera publié qu’une seule fois, en 1993 (bientôt 17 ans de cela !) C’était un album regroupant des choix de ses « sans cibles », sa rubrique qui paraissait dans le quotidien Madagascar Tribune.

Aucun site Internet, aucun blog n’est consacré ni à lui ni à ses travaux. J’omets les sites des journaux pour lesquels il a travaillé – Madagascar Tribune, puis La Gazette de la Grande Ile – où les dessins, comme les articles, s’affichent et se perdent furtivement dans les méandres d’archives aux accès peu pratiques.

Et je crains que la mémoire de cet authentique artiste ne s’efface avant même que ses gerbes mortuaires ne se fanent. En tout cas, de lui et de ses dessins je m’en souviendrai. Si je suis là ou j’en suis actuellement, l’influence d’Aimé y est certainement pour quelque chose.

Intérêt supérieur de la nation, dites-vous?

Je n’ai pas assez de temps pour faire des dessins pour ce blog, ces temps-ci. Mais ce que je constate à propos de cette sortie de crise m’interpelle et me pousse à balancer un minimum de commentaire.

Les mouvances se sont mis d’accord sur le partage du gâteau. La formule consacrée, autant collectivement qu’individuellement est : « pour l’intérêt supérieur de la nation.» A quoi je rétorque : « mon œil ! »

Les mouvances – Rajoelina et Ravalomanana en particuliers – esquissent un bras de fer pour obtenir le ministère de la Justice. Car il y va de la condamnation ou de l’amnistie des partisans de l’un ou de l’autre.

Acharnement également pour le contrôle du ministère de l’Energie et des Mines. Pétrole et autres ressources naturelles constituent l’enjeu.

Et le peuple dans tout ça ? Apparemment, aucune mouvance ne se presse à endosser les responsabilités inhérentes au ministère de Santé et celui de la Population.

Quand Ravalomanana a déclaré que la vie retournera désormais à la normale, je cède facilement au cynisme, interprétant que le peuple pourra renouer tranquillement avec sa misère tandis que les éternels privilégiés pourront se remettre à leur gloutonnerie.

Délit de passeport

povpahe

Dessin de Pahé (merci mon vieux)

 http://dipoula.paquet.li/

Malheur à nous, ô pauvres titulaires que de passeport malgache. Endigués de tous côtés, on n’a plus qu’a nous replier sur nous-mêmes car on ne veut pas de nous ailleurs.

Je me rappelle de mon récent passage à Paris CDG où j’ai du balancer mon huile d’olive à la poubelle (voir post Transit à Paris) , faute de pouvoir passer la frontière pour la re-sceller.

Cette fois-ci donc, c’était à l’aéroport de Maurice, alors que je m’apprête à m’envoler pour l’Algérie. Le personnel à l’enregistrement des bagages me fait savoir avec l’assurance que leur procure leur manuel que je ne peux me rendre à Alger sans visa.

Je leur montre une lettre officielle issue du ministère de la Culture algérienne que l’obtention dudit visa sera facilitée, dans mon cas, à l’aéroport d’Alger à mon arrivée.

Mais nos chères employées y mettent leur zèle pour me refuser d’embarquer, se contentant de s’en tenir à ce que leur manuel leur dit, en substance, que le passeport malgache requiert un visa pour se rendre en Algérie.

Compte tenu de leur littérature qui semble limitée aux annuaires des passeports et des visas, ‘faut pas leur en vouloir si elles n’y comprennent rien aux subtilités des lettres officielles, permettant de déroger aux règles.

Donc voilà-t-il pas que je réédite « Maman, j’ai raté l’avion ». Il aura fallu, le lendemain, d’une seconde lettre de l’ambassade d’Algérie à Madagascar et d’un remue ménage chez la compagnie pour qu’on me laisse partir.

La suite n’est que broutilles… bagage égaré ou plutôt arrivé par un vol différent (Air France – les deux compagnies opèrent des vols conjoints). Mais ça, c’est de la routine.


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